"The soul united to a body is continually under its tyrannical power."

— Charles-Louis de Secondat, Baron de La Brède et de Montesquieu (1689-1755)


Date
1721, 1722
Metaphor
"The soul united to a body is continually under its tyrannical power."
Metaphor in Context
I must needs say, to the disgrace of these men, the law prohibits our princes the use of wine, and yet they drink it to an excess that degrades them of humanity; this custom, on the contrary, is indulged to the Christian princes, and never observed to lead them into any crime. The mind of man is a contradiction to itself. During a licentious debauch they transgress the precepts, and the law made to render us just, serves only to render us more culpable.

Yet when I disapprove of the use of this liquor, which destroys our reason, I do not at the same time condemn those beverages which exhilerate the mind. The Orientals are so wise, as to inquire after remedies against melancholy, with the same solicitude as for more dangerous disorders. When any misfortune happens to an European, he hath no other resource but to read a philosopher called Seneca: but the Asiatics, more sensible than they, and in this case better naturalists, drink a liquor capable of chearing the heart, and of charming away the remembrance of its sufferings.

There is nothing so distressing as the consolations drawn from the necessity of evil, the inefficacy of medicines, the irreversibleness of fatality, the decrees of providence, and the miserable condition of humanity. It is mockery to attempt to soften evils by the consideration, that it is the consequence of our being born; it is much better to divert the mind from its reflections, and to treat man as a being susceptible of sensation, rather than reason.

The soul united to a body is continually under its tyrannical power. If the blood moves too slowly, if the spirits are not sufficiently pure, if they are not enough in quantity, we become dejected and melancholy; but if we make use of such liquors that can change the disposition of our bodies, our soul again becomes capable of receiving pleasing ideas, and is sensible of a secret pleasure in perceiving its machine recover, as it were, its life and motion.

[Je le dirai, à la honte des hommes: la loi interdit à nos princes l'usage du vin, et ils en boivent avec un excès qui les dégrade de l'humanité même; cet usage, au contraire, est permis aux princes chrétiens, et on ne remarque pas qu'il leur fasse faire aucune faute. L'esprit humain est la contradiction même: dans une débauche licencieuse, on se révolte avec fureur contre les préceptes; et la loi faite pour nous rendre plus justes ne sert souvent qu'à nous rendre plus coupables.

Mais quand je désapprouve l'usage de cette liqueur qui fait perdre la raison, je ne condamne pas de même ces boissons qui l'égayent. C'est la sagesse des Orientaux de chercher des remèdes contre la tristesse avec autant de soin que contre les maladies les plus dangereuses. Lorsqu'il arrive quelque malheur à un Européen, il n'a d'autre ressource que la lecture d'un philosophe qu'on appelle Sénèque; mais les Asiatiques, plus sensés qu'eux et meilleurs physiciens en cela, prennent des breuvages capables de rendre l'homme gai, et de charmer le souvenir de ses peines.

Il n'y a rien de si affligeant que les consolations tirées de la nécessité du mal, de l'inutilité des remèdes, de la fatalité du destin, de l'ordre de la Providence, et du malheur de la condition humaine. C'est se moquer de vouloir adoucir un mal par la considération que l'on est né misérable; il vaut bien mieux enlever l'esprit hors de ses réflexions, et traiter l'homme comme sensible, au lieu de le traiter comme raisonnable.

L'âme, unie avec le corps, en est sans cesse tyrannisée. Si le mouvement du sang est trop lent, si les esprits ne sont pas assez épurés, s'ils ne sont pas en quantité suffisante, nous tombons dans l'accablement et dans la tristesse; mais, si nous prenons des breuvages qui puissent changer cette disposition de notre corps, notre âme redevient capable de recevoir des impressions qui l'égayent, et elle sent un plaisir secret de voir sa machine reprendre, pour ainsi dire, son mouvement et sa vie.]
(Letter XXXIII, Usbek to Rhedi, at Venice.)
Categories
Provenance
Searching at OLL
Citation
The earliest English-language issue is Persian Letters, trans. John Ozell, 2 vols. (London: Printed for J. Tonson, 1722). <Link to ECCO>

12 entries in the ESTC for this title (1722, 1730, 1731, 1736, 1751, 1759, 1760, 1762, 1767, 1773, 1775). Searching The Complete Works of M. de Montesquieu, 4 vols. (London: T. Evans, 1777) at Online Library of Liberty <Link to OLL>. French text from Project Gutenberg.

Date of Entry
08/09/2013

The Mind is a Metaphor is authored by Brad Pasanek, Assistant Professor of English, University of Virginia.